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    GUERIN Clément
    Participant

    Si le problème de sous-effectifs dans certaines prépas est indéniable, il n’est pas évident qu’une refonte de la filière soit une solution. La réforme du bac a clairement réduit notre vivier et, relativement à cette baisse, notre filière s’en sort pas trop mal.

    Je mets donc ici des arguments en faveur de ne rien (pas trop) changer. C’est à amender et à compléter bien sûr :

    1) Tous les lycéens ne sont pas d’excellents élèves et peuvent être angoissés à l’idée de faire une prépa. Une réforme qui chamboule la structure des concours, c’est 2 ans sans certitude sur les stratégies de concours (rappelons que les concours post-réforme 2021 n’auront lieu que cette année). Ce flou ferait surement baisser encore plus les candidatures dans l’EC à court terme.

    2) Une réforme pour ‘sauver’ les prépas ECG pourrait faire l’effet inverse. Si certaines prépas ont des soucis, d’autres s’en sortent bien. On risque de désorganiser les prépas qui vont bien et qui ont joué le jeu de la réforme en se regroupant et proposant toutes les options.

    3) Une réforme qui a pour but d’élargir le vivier de recrutement, nous mettra en concurrence avec de nouvelles filières du supérieur. Certaines sont plus spécialisés (la fac), d’autres sont plus ludiques et probablement moins exigeantes (bachelors). Il n’est pas certain que ce vivier soit intéressé par ce que nous proposerions de toutes façons. Nous avions vu que l’enjeu était surtout de recruter mieux dans le vivier math+HGGSP// math+SES// HGGSP+SES+math complémentaires// math + HLP.

    4) Avec la réforme du bac, l’orientation se fait en seconde. Si l’on refait une réforme ECG 2024, on ne peut pas décemment attendre un effet avant la rentrée 2026. Dans l’intervalle on désorganise tout, on perturbe l’orientation, sur les salons on ne sait plus trop quoi dire, les grandes écoles, qui se méfient, nous soutiennent mais pas trop et en 2026 on nous dira que la filière doit être encore chamboulée.

    5) La prépa ECG telle qu’elle est actuellement est une filière où l’on peut continuer à faire de tout, à haut niveau. Cela est rassurant dans la perspective des concours. C’est quelque chose qui semble être apprécié par les étudiants et par les grandes écoles. C’est ce que l’on pourrait voir comme notre image de marque. Les ébauches de réforme que nous avons lues remettent en question ce critère distinctif de notre filière.

    6) Les ébauches de réforme que nous avons vues ne cherchent pas à sauver l’ECG en augmentant le nombre d’étudiants, elles cherchent à la sauver en diminuant le nombre d’enseignants en ECG. Cela peut se comprendre d’un point de vue comptable, mais en actant la diminution du nombre d’étudiants, on éloigne encore plus les grandes écoles de la voie “Prépa”. C’est très dangereux pour la filière ECG.

    #31462
    PONGE Benjamin
    Participant

    Bonjour et merci à tous ceux qui ont consacré du temps à soutenir la filière, nos représentants en particulier.
    Je me permets de partager quelques éléments de mes réflexions à la lecture des derniers échanges
    1. La réforme « à laquelle nous avons échappé »
    Ca me paraît tellement gros, j’ai du mal à y croire (qu’elle aurait vraiment pu être mise en place). Avec les deux coups de massue que sont la réforme du lycée et le COVID, si on voulait définitivement assommer tout le monde, on ne s’y prendrait pas autrement.
    J’aurais tendance à dire qu’il vaut veiller à ne pas y prêter trop d’attention (voire l’ignorer). Pour être plus clair, la plus grande partie de nos échanges ont tourné autour de cela alors que nous allons sans doute (je l’espère) ne pas partir de cette base de réflexion (si j’ai bien compris tout est basé sur une « fuite », donc il ne pas perdre notre énergie sur quelque chose qui s’apparente à une « rumeur »).
    Si jamais ça revient sur le tapis, nous avons suffisamment d’arguments en magasin.
    Et je suis donc plutôt pour un gel pour l’instant et pour accompagner du mieux possible la réforme qui n’a qu’un an (plusieurs d’entre vous l’ont évoqué, j’avais relevé un « moratoire » également), donc retouches plutôt que réforme à mon sens dans un premier temps.

    2. Si réforme, cela doit se faire sur un constat précis.
    Et il faut mettre le ministère devant ses responsabilités sur le sujet et avoir des chiffres : nombre d’élèves, relativiser avec tout ce qui est possible (démographie, les différentes filières en prépa, effectifs par spécialités en terminale, combien d’élèves d’ECG ont fait maths complémentaire par exemple…).
    Je n’aime pas utiliser l’excuse « Covid » à tout va, mais il faut quand même le prendre en compte et avoir un peu de recul sur les évolutions en cours (cela ne me parait pas impossible que pour la génération que nous avons actuellement en première année, certains aient eu un peu moins le goût du travail avec des années de seconde et de première très perturbées et soit moins tentés par des études « intenses »). Et si quelques classes en France doivent être moins chargées pendant quelques années, ce n’est pas grand-chose comparé aux dizaines de milliards d’euros d’indemnités versées aux entreprises privées suite à cette crise. Si certains doivent enseigner dans des conditions normales en fait, ce n’est peut-être pas si mal, ça changera de l’élevage en batterie. L’éducation est la priorité nationale, c’est quand même écrit dans la loi.
    Peut-on demander un moratoire sur les moyens ?

    3. Sur les maths
    De manière non objective, c’est clair que c’est un des problèmes de la réforme. Choisir entre des maths et des maths ce n’est pas facile. Je précise que dans mon cas (« petite prépa »), on peine à attirer en maths approfondies. J’ai l’impression que l’équilibre ESH/HGG semble plutôt bon car je n’ai pas noté beaucoup de réactions sur le sujet, mais les collègues pourront peut-être préciser.
    Un point qui a déjà été soulevé et qui peut paraître anecdotique mais ne l’est pas à mon sens, c’est la différence d’heures de cours : 2h entre maths appliquées/HGG et maths approfondies/ESH

    Quoi faire ? bonne question.
    La piste du Y qui a été évoquée dans une discussion du forum me parait se heurter à un mur si en fin de première année on doit faire 2 fois 48 avec 96 (déjà évoqué dans le forum). Par ailleurs avec le profil d’élèves que je côtoie, je pense que peu iraient vers la difficulté et beaucoup auraient tendance à lâcher du lest en cours d’année pour aller vers l’option la plus facile. Et contrairement à ce qui a été évoqué, la filière scientifique n’est pas en Y mais plutôt en W (ce qui équilibre un peu plus les éventuels problèmes).
    Dans les « petits » changements comme l’ont évoqué certains, la possibilité d’avoir de l’AP pour les élèves ayant fait maths complémentaire (ou rien) en terminale. Si cela existe dans d’autre filière de prépa, pourquoi pas. Je suis d’ailleurs curieux de connaitre la proportion d’élèves que ça représente.

    A-t-on des marges de manœuvre côte écoles de commerce ?
    Depuis la réforme, je n’arrive à m’enlever de la tête qu’il y aurait une logique à ce que la moyenne aux concours en maths approfondies soit plus élevée (un point par exemple) à celle de maths appliquées. Pour récompenser ceux qui ont fait ce choix (plus difficile) et éviter la stratégie d’aller en maths appliquées pour assurer le coup. Je ne sais pas s’il y a des règles sur le sujet aux concours (répartition équitable des notes entre options).
    Sinon il y aurait la possibilité de ne pas faire d’interclassement, mais un nombre de places pour chacune des quatre combinaisons d’options, mais j’imagine que ce n’est pas souhaité (et ça aurait des conséquences sur l’ECT).

    4. Le coût de la filière
    Si on doit parler coût, il ne suffit de comparer le coût annuel d’un élève de prépa au coût d’un élève en université par exemple, il faut le faire de manière globale : les taux d’employabilité à terme… (je ne sais pas si des études ont été faites sur le sujet, mais si on parle coût, il faut être précis).
    Et l’argument est peut-être dangereux, mais la filière EC est celle qui coûte le moins cher à l’Etat, puisqu’il ne finance que les 2 ans de prépa (pour un « élève-type ») vs. 5 ans pour « étudiant-type » à l’université.

    5. Les débouchés/attractivité de la filière
    Je suis plutôt jeune dans cette filière (deux ans) et je la connaissais peu avant d’y enseigner, mais quand je dois la présenter actuellement, je parle d’un choix d’orientation « ouvert » : à peu près autant de places dans les écoles que de candidats (sérieux) en école de commerce, des équivalences avec les universités, les IAE, les IEP (pas négligeable chez nous). C’est loin d’être une « impasse » à mon sens, et c’est ce que je dis aux étudiants et à leurs parents. Peut-être peut-on encore progresser sur les équivalences, mais je ne pense pas que ce soit la filière prépa la plus fermée.

    Benjamin (maths appliquées en première année à La Pérouse – Kerichen, Brest)

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