Sujet Allemand LV1 Epreuve n° 1 BCE 2009

En matière d’orthographe, les graphies antérieure et postérieure à la réforme sont acceptées.

TRADUCTION DU FRANÇAIS A L’ALLEMAND

Elles ont pris l’habitude de venir presque chaque jour, après l’école. Afin de rester avec Xénia, Ethel mentait un peu. Elle disait qu’elle allait chez son amie, pour l’aider à faire ses devoirs de français. Jamais Xénia ne l’avait invitée chez elle. À vrai dire, Ethel ne savait même pas où elle habitait. Une ou deux fois, elles avaient marché ensemble jusqu’à la rue de Vaugirard, et Xénia avait montré vaguement la descente : « Voilà, j’habite par là. »

Ethel comprenait qu’elle ne voulait pas qu’on sache l’état de leur détresse, leur logement pitoyable. Un jour qu’elle parlait de l’endroit où elle vivait, elle avait dit en ricanant un peu : « Tu sais, notre appartement c’est comme un hangar[[hangar: à traduire ici par Kammer (f)]], c’est si petit qu’on roule les
matelas chaque matin pour pouvoir marcher. »

Ethel avait honte d’être riche, d’habiter un grand appartement au rez-de-chaussée, d’avoir une chambre pour elle, avec une porte-fenêtre qui s’ouvrait sur un jardin fleuri. Elle enviait l’existence de Xénia, sa soeur avec qui elle dormait, leur logement étroit, les bruits de voix, et même l’inquiétude du lendemain. Elle imaginait l’atmosphère d’une vie d’aventures, les difficultés d’argent, la quête des moyens de survivre. [… ]

197 mots

J. M. G. Le Clézio, Ritournelle de la faim

Paris : Gallimard, 2008, p. 34

TRADUCTION DE L’ALLEMAND EN FRANÇAIS

Wagenbach ging langsam durch den Gang zwischen den Sitzreihen, fand seinen Platz, schob sich an den Knien seines Nachbarn vorbei und setzte sich. Er schloß die Augen: Er würde sie nicht mehr öffnen, bis er in der Luft sein würde, in der ruhigen Sicherheit der Höhe, so machte er es immer; das und die Beruhigungstablette, die er vor einer halben Stunde geschluckt hatte, halfen ihm, mit seiner Angst fertig zu werden. Er schloß den Gurt [[Gurt = Sicherheitsgurt]], ohne die Augen zu öffnen, inzwischen konnte er das. Dann hörte er den Lärm der Motoren und spürte die ungeheuren Kräfte, die ihn in seinen Sitz drückten und ihn in die Luft schleuderten, ins
hohe, ausgespannte Blau. Erst als er keine Bewegung mehr fühlte, öffnete er die Augen. Der Himmel schien zu strahlen, die Sonne brannte im Westen, das Land lag grün und undeutlich, wie unter einem Schleier, in der Tiefe.

“Entschuldigung”, sagte sein Nachbar und senkte die Zeitung, “sind sie nicht Wagenbach?” Er war dicklich und hatte einen schwarzen Schnurrbart und dunkle Augen, stark vergrößert durch seine Brille.

“Ja.”

“Ach so.” Der Mann sah wieder in seine Zeitung. Wagenbach blickte aus dem Fenster. Die Helligkeit beunruhigte ihn. Er durfte sich nicht zuviel bewegen, er durfte nicht zuviel denken. Wenigstens war es nur ein Flug von einer Stunde. Aber das bedeutete auch, dass es keinen Film geben würde und nichts zu essen, allenfalls ein weiches Sandwich.

232 mots

Daniel Kehlmann, Unter der Sonne

Reinbek: Rowohlt, 2008 (1998), pp. 85-86.