ECRICOME 2006

ESPAGNOL LV 1

1. VERSION

Justicia más universal

La justicia universal, que algunos países como España se atribuyen desde sus leyes internacionales para enjuiciar a los autores de delitos tipificados por los convenios internacionales como atentados contra la humanidad, cuenta ya en su haber con logros importantes. Adquiere por ello una relevancia especial el espaldarazo de los Tribunales a una justicia universal sin restricciones, no condicionada a la exigencia de demostrar previamente la pasividad de los mismos del país afectado en la persecución del delito así como a la existencia de españoles entre las víctimas. Por si fuera poco, dichas instituciones argumentaron en este sentido para rechazar la denuncia presentada hace cinco años por la premio Nobel de la Paz Rigoberta Menchú y varias asociaciones de derechos humanos contra los delitos de genocidio, tortura, terrorismo, asesinato y detención ilegal cometidos en su tiempo. Por supuesto, el caso da pie para recordar lo que algunos jueces y fiscales parecen haber olvidado a veces en el pasado: la finalidad de los convenios internacionales contra el genocidio y la tortura suscritos por España no es otra que impedir que crímenes tan atroces queden impunes.

La justicia universal sin restricciones no significa, lógicamente, que la justicia española deba erigirse en tribunal juzgador de cuantos desmanes se cometen en el mundo. Se trata, más modestamente, de constituirse en instrumento más accesible a las víctimas y de facilitar su demanda de que no queden impunes.

José Luis Cebrián, El País – 8 de octubre de 2005

2. THÈME

Barcelonnette (1) doit son développement au Mexique

Passe encore que la petite ville de moins de huit mille habitants organise des fêtes latino-mexicaines, comme celles qui ont eu lieu en août : l’été est la saison des festivals en tout genre. Mais Barcelonnette, 1135 m* d’altitude, abrite aussi des villas exotiques, des rues et restaurants aux noms hispanophones, et même un consul du Mexique… Alors, quel lien unit Barcelonnette a ce pays ? Tout a commencé en 1821* avec les frères Arnaud. Ces fabricants de laine et de soie, éprouvés par la crise économique, s’exilèrent à Mexico, tout juste indépendant, où ils ouvrirent un magasin de tissus. Le succès fut tel que sept ans plus tard, ils appelèrent leurs anciens employés en renfort. Lesquels revinrent avec 25 000* francs/or chacun, déclenchant une déferlante d’émigrants, appelés les Barcelonnettes. Ils sont à l’origine d’un véritable empire commercial. Après le textile, ils se diversifièrent dans le papier, les conserves, les cigarettes, les banques. Environ 1 500* d’entre eux sont rentrés «cousus d’or». On estime à 50 000* le nombre de leurs descendants au Mexique. Une des villas en conserve la mémoire dans le musée de la vallée.

V.S – Le Figaro – 23 août 2005

(1) Petite ville dans la vallée de l’Ubaye (Alpes de Haute-Provence)
(*) Ecrire en toutes lettres

3. Cette partie est au choix, 3.1 Essai ou 3.2 Thème-contraction.

3.1. ESSAI

Les candidats sont priés d’indiquer le nombre de mots employés (de 225 à 275)

Las denuncias por violencia doméstica se han disparado en España. Los juzgados no dan abasto « ya que el único aspecto de la ley que se ha cumplido hasta ahora es el judicial. Queda la parte más importante, que es la educativa» afirma un magistrado. A su parecer, ¿cómo compaginar estos dos aspectos para acabar con la violencia de género?

3.2. THÈME-CONTRACTION (commun à toutes les langues)

Les candidats sont priés d’indiquer le nombre de mots employés (de 180 à 220)

Une “éthiquette 100% américaine”

Tout commence à la fin des années 1980, lorsque Dov Charney, originaire de Montréal, étudie dans un lycée privé du Connecticut. Fils d’un architecte et d’une artiste peintre renommée, il est considéré comme un excentrique hyperactif. Il aime décrypter les nouvelles tendances de la mode et développe une véritable passion pour le t-shirt américain. Or, ces t-shirts « blancs, simples, et agréables à porter» ne sont pas disponibles au Canada. Dov, encore adolescent, décide d’y remédier. Il en achète des centaines, leur fait passer la frontière, emballés dans des sacs poubelle et les revend à chaque coin de rue de la capitale québécoise. Élève brillant mais dissipé, sa passion pour le t-shirt le pousse à quitter les bancs de l’université du Michigan. Il veut se lancer et créer sa propre société de design et de fabrication. Il étudie comment fonctionnent les grands acteurs de ce marché, tels que Fruit of the Loom, Hanes ou Champion. Il observe que tous ces industriels sous-traitent leur production dans les pays à bas salaires, en République Dominicaine, en Haïti, au Mexique et bientôt en Chine. Il se rend sur place et découvre, qu’étant donné le nombre de fournisseurs impliqués, il est quasiment impossible de s’assurer que les vêtements sont produits dans de bonnes conditions de travail. Les «sweatshops»*, ces ateliers tant décriés, dans lesquels les conditions de travail sont déplorables, sont souvent utilisés. Ceux-ci abritent des hommes, des femmes et même de jeunes enfants qui travaillent jusqu’à seize heures par jour, à des cadences infernales, et pour des salaires de misère. Nous sommes au milieu des années 1990, le monde occidental commence à peine à découvrir les destins individuels tragiques cachés derrière les vêtements qu’il porte.

Il décide alors de prendre le contre-pied total des pratiques habituelles. « Je voulais prouver que produire dans ce type d’ateliers clandestins, en exploitant ce qui s’apparente à des esclaves modernes revenait finalement plus cher que de produire de manière éthique, aux Etats-Unis.» Il crée sa société en 1998 et choisit de payer ses dix premiers employés 13 dollars de 1 ‘heure, alors que le salaire minimum en Californie est à 8 dollars seulement. Il offre une très bonne couverture sociale, subventionne les déjeuners et les tickets de bus de ses employés, et pratique des horaires décents. Il propose de nombreux avantages comme des cours d’anglais ou d’espagnol, des téléphones gratuits pour appeler aux Etats-Unis et même des séances de massage lors des pauses ! Son usine n’est pas en Chine mais en plein centre-ville de Los Angeles, une zone économique sinistrée.

Malgré des pratiques sociales avant-gardistes, Dov sait que, pour connaître le succès, il lui faut avant tout être irréprochable sur la qualité des vêtements qu’il dessine. D’abord destinés à ses « amis de la rue », ses modèles ont pour cible une population jeune et sportive. Au-delà du slogan « sweatshop-free t-shirts »**, Dov rêve de créer une société « plus humaine, plus jeune et plus juste ».

Malgré des premiers résultats encourageants et des boutiques qui ouvrent dans quelques grandes villes américaines, il a beaucoup de difficulté à convaincre les banquiers californiens de le soutenir dans son développement. Son approche en « intégration verticale» les effraie, elle est totalement à contre-courant de ce qui se passe partout ailleurs aux Etats-Unis. Plus lentement mais sûrement, il fait grandir son entreprise en réinvestissant tous ses bénéfices dans la société.
Aujourd’hui, il a prouvé à ceux qui ne lui ont pas fait confiance lorsqu’il en avait besoin qu’ils se trompaient… Selon lui « ils ne comprenaient pas comment nous arrivions à être aussi rentables, en payant nos salariés aussi bien ». En dehors du pays, on peut trouver la main d’œuvre à 30 cents de l’heure. Il explique: «Nos salariés sont plus heureux, plus motivés, travaillent mieux et ne nous quittent plus. » Lors de notre visite de l’usine, nous avons appris que la liste d’attente pour intégrer la société était de mille personnes !

Reconnu pour ses innovations sociales, Dov veut désormais devenir, en conservant son rythme de croissance, irréprochable en matière d’environnement. Il nous explique: « L’industrie textile s’approvisionne principalement en coton génétiquement modifié du sud des Etats-Unis, cultivé avec un emploi massif de pesticides chimiques, connus pour contaminer les nappes d’eau potable, provoquer des cancers, et empoisonner les animaux sauvages. En effet, la production de coton utilise un quart des pesticides produits dans le monde qui sont responsables, selon certaines ONG, de la mort directe de 67 millions d’oiseaux et 14 millions de poissons chaque année sur le territoire américain. Dov a lancé également une grande campagne de recyclage dans son usine. Celle-ci permet de collecter et de réutiliser plus de mille tonnes de fibres, auparavant destinées à la décharge.

Un rien déjanté, l’esprit bouillonnant et sans cesse à l’affût de nouvelles idées, Dov Charney prouve chaque jour que les délocalisations dans les pays développés et les pertes d’emploi qu’elles entraînent n’ont rien d’une fatalité. Il prouve aussi et surtout, qu’une politique sociale d’avant-garde est un investissement sensé.

Sylvain Darnil & Mathieu Le Roux, 80 hommes pour changer le monde, J.c. Lattès, 2005

* « sweatshops » : ateliers clandestins au rythme de travail intensif ** « sweatshop-free t-shirts» : t-shirts « éthiques»