L’APHEC refuse le projet Peillon

Le Bureau de l’APHEC, réuni ce jour, appelle à participer à la grève et aux manifestations organisées lundi 9 décembre 2013 partout en France, métropolitaine et d’Outre-Mer. L’APHEC appelle à rejoindre le mouvement unitaire, interassociatif et intersyndical, qui doit rassembler bien au-delà des professeurs de CPGE. Nous nous félicitons du soutien public exprimé par les Grandes Ecoles. Nous nous félicitons du soutien de leurs professeurs, étudiants et anciens étudiants. Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés. En l’état, le projet du ministre de l’Education Nationale est inacceptable. Il touche les professeurs de CPGE dans leurs conditions de travail, leur fierté et leur rémunération. Les conséquences seraient tout aussi graves pour les collègues du secondaire, les mesures envisagées représentant la suppression d’environ 800 postes CPGE, soit quelque 1200 postes du secondaire (voir le compte rendu de l’AG du lycée Champollion). Nous refusons la politique du fait accompli. Nous nous sentons humiliés, blessés, méprisés. Les méthodes de division et de diversion employées par le ministère sont détestables. Nous refusons d’être les boucs émissaires d’une politique de destruction du système éducatif qui n’ose pas dire son nom. S’attaquer à un système que le monde nous envie est une erreur et une faute. Lycée Louis-le-Grand, Samedi 7 décembre 2013 Le Bureau de l’APHEC Education is the most powerful weapon which you can use to change the world – L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. Nelson Mandela. P.S. : Les différents points de rassemblement, les mots d’ordre et les horaires des Assemblées Générales seront régulièrement mis à jour sur le site de l’APHEC Documents joints

L’enfer des classes préparatoires…

DROIT DE REPONSE Souhaitant exercer un droit de réponse à l’article publié par le journal Le Monde en date du samedi 4 février 2012 sur l’ « enfer » des classes préparatoires, l’ensemble des associations de professeurs et de proviseurs de classe préparatoire, ne peut guère qu’exprimer ses réserves consternées. Laissant de côté l’incongruité polémique de la comparaison cinématographiquement étayée avec la formation des commandos de Marines américains, et la méthode qui consiste à compiler des témoignages fort mal vérifiables, et pas du tout vérifiés (la moitié d’une classe sous anti-dépresseurs…), ce qui nous frappe ici, c’est l’entretien d’un mythe, avec ce qu’il implique d’amplification des motifs, et de temps immobile : les professeurs de classes préparatoires sont des ogres, des Barbe Bleue ; sous leur férule brutale, on maigrit, on rougit (des yeux), on pâlit (du cerveau), on court se protéger à l’infirmerie, quand on ose encore se soustraire à la noirceur de l’oeil professoral ; et depuis deux-cents ans que les grandes écoles existent, rien n’a changé dans les idéologies et les pratiques, nostalgie de la noblesse d’épée et notes négatives comprises… Nous ne souhaitons nullement polémiquer, simplement rappeler à la connaissance des lecteurs du Monde quelques faits. Les classes préparatoires sont un service public d’enseignement dont les programmes, les horaires, et les pratiques sont encadrées par deux Ministères, celui de l’Education Nationale et celui de l’Enseignement Supérieur. Leur spécificité est ainsi de délivrer une formation relevant du supérieur dans un cadre, et avec des méthodes, qui relèvent du secondaire. Elles sont donc idéalement placées pour assurer la transition entre les exercices du lycée et les exigences de la recherche telle que les étudiants les rencontreront, en aval, dans leur poursuite d’études. La formation qu’elles délivrent s’insère ainsi parfaitement dans le paysage de l’enseignement supérieur puisque le cycle de formation qu’elles proposent donne lieu à l’attribution de crédits ECTS permettant, à la fin de chaque semestre, de réintégrer, en France, en Europe, ou ailleurs, une formation universitaire. Notons que ce dispositif, qui suppose une Attestation Descriptive fort précise des enseignements reçus, et enlève donc toute opacité franco-française à la formation délivrée en classes préparatoires, est en place depuis 2007. Ce système d’équivalences et d’insertion dans l’espace international des formations supérieures a évidemment induit une modification des pratiques, notamment de notation, dans les classes préparatoires : la manifestation de la qualité des étudiants imposait que la notation en porte trace. Désormais, la grande majorité des classes préparatoires de France présente une moyenne générale de 10, et valorise ses meilleurs étudiants avec des moyennes supérieures à 15 ; dans les dernières années, un concours aussi prestigieux et réputé intraitable que celui de la rue d’Ulm a vu ses moyennes passer de 6,5 à près de 10, son dernier admissible afficher une moyenne supérieure à 14,8, son premier admis une moyenne supérieure à 18,5 ; 20 % des notes de ce concours littéraire sont désormais supérieures à 14, y compris en littérature ou en philosophie. L’effet induit est bien entendu que les étudiants, mêmes moyens, voient leur travail récompensé par des notes qui ont définitivement cessé d’être infamantes, ce dont les associations de professeurs se réjouissent sans aucune espèce de réserve. L’esprit qui règne dans ces classes est en effet celui d’une extrême attention des professeurs à l’endroit d’étudiants auxquels ils savent qu’ils demandent beaucoup. Très loin d’être le lieu dévolu à la « casse » des élèves, les classes préparatoires sont des lieux où les pratiques du lycée ont conservé leur cours : un horaire hebdomadaire important, des devoirs écrits et des interrogations orales réguliers, un encadrement rapproché par des professeurs engagés, au sein de groupes à l’effectif stable, permet aux meilleurs étudiants de cultiver leur talent et de nourrir les plus hautes ambitions, comme ils permettent aux étudiants plus fragiles d’acquérir les méthodes qui leur manquent, de préparer leur réussite universitaire, et de compenser, le cas échéant, les fragilités qu’une origine sociale moins favorisée aura pu leur imposer. La relation qui se tisse entre professeurs et élèves de classes préparatoires est, dans l’immense majorité des cas, une relation de confiance, et d’étonnante proximité. Il importe d’ailleurs ici d’indiquer avec force que cette qualité est une règle nationale et qu’elle s’observera aussi bien dans les établissements d’élite que chacun connaît, que dans les classes préparatoires plus modestes où elle peut sembler aller davantage de soi. Les directions, comme les enseignants, des grandes écoles en témoigneraient aisément : leurs élèves intègrent avec un fort sentiment de reconnaissance intellectuelle à l’égard de leurs professeurs de classes préparatoires, et non avec la rancoeur ou l’angoisse silencieuse des victimes. Le passage en classe préparatoire ouvre des portes, mais pas au prix, contrairement à ce qui se dit, d’un sacrifice qu’il s’agirait d’accepter de subir sans trop en pâtir ; c’est d’abord une aventure intellectuelle et existentielle où se créent entre professeurs et élèves, entre élèves et élèves, des compagnonnages féconds qui durent souvent toute la vie. Le système des classes préparatoires est pourtant bien, en apparence, un système sélectif à l’entrée et à la sortie, ce qui rend crédible la présentation infernale qu’on en donne. Mais il faut rappeler qu’il scolarise chaque année 80 000 étudiants (40 000 en première, 40 000 en deuxième année). C’est assurément bien moins que le nombre de bacheliers, mais c’est beaucoup trop pour que les professeurs de classes préparatoires tortionnaires qu’on nous présente puissent exercer les sévices qu’on dit avec l’impunité qu’on dit. Surtout, c’est le signe que la sélection à l’entrée n’est pas si violente qu’on veut bien l’affirmer. On peut le prouver encore avec une donnée que les associations de professeurs déplorent : toutes les classes préparatoires de France ne sont pas pleines, et le nombre de bénéficiaires du service offert pourrait donc augmenter encore. Quant à la sélection à la sortie, il importe de révéler la forêt que cache l’arbre qui seul intéresse les détracteurs du système national des classes préparatoires. Il est vrai qu’il existe quelques très grandes écoles, très prestigieuses, et très

Législation relative aux interrogations orales

Article mis à jour le jeudi 6 novembre 2025 Nous allons vous présenter ci-dessous quelques textes officiels qui régissent nos heures d’interrogation et mettre les textes intégraux à la disposition des collègues qui pourraient éprouver le besoin d’en arguer. I. DÉFINITION ET RÉMUNÉRATION DES HEURES D’INTERROGATION A) LA RÉGLEMENTATION 1) Décret n° 50-1253 du 6 octobre 1950 Comment sont définies les heures d’interrogation sur le plan réglementaire ? La réponse se trouve pour partie dans le décret n° 50-1253 du 6 octobre 1950 (article 3) : « Le taux des heures supplémentaires d’enseignement assurées par les professeurs autres que ceux régis par le décret n°68‐503 du 30 mai 1968 donnant tout leur enseignement dans les classes préparatoires aux grandes écoles est calculé sur la base du traitement du professeur agrégé et du maximum de service réglementaire les concernant. Les heures d’interrogation effectuées dans les classes préparatoires aux grandes écoles sont toujours décomptées à l’unité. Elles sont rétribuées à raison du trente‐sixième du tarif annuel de l’heure supplémentaire, tel qu’il résulte des dispositions du présent décret, ce tarif étant réduit de 25 %. Ces heures d’interrogation peuvent également être effectuées par des intervenants autres que ceux visés à l’article premier ci‐dessus. Les intéressés perçoivent une rémunération calculée dans les mêmes conditions que pour les personnels enseignants autres que ceux régis par le décret n°68‐503 du 30 mai 1968 susvisé. » Circulaire n° II-70-103 du 23 février 1970 Ces règles sont reprises et explicitées par la Circulaire n° II-70-103 du 23 février 1970 qui indique notamment : « Les heures supplémentaires d’enseignement effectuées par les « professeurs de classes préparatoires », c’est-à-dire ceux assurant la totalité de leur service dans ces classes doivent être rémunérées, quel que soit leur grade, selon les taux spéciaux prévus pour ces classes : ces taux sont calculés sur la base de l’indice moyen du corps des professeurs agrégés et des obligations de service fixées pour ces classes par le décret n° 50-581du 25 mai 1950 et 50-582 du 25 mai 1950. » Et un peu plus loin : « Quelle que soit la situation de l’intéressé – qu’il soit notamment « professeur de classe préparatoire » ou non – et à l’exception des professeurs de chaires supérieures, les heures d’interrogation effectuées dans les classes préparatoires aux grandes écoles sont rémunérées par référence aux taux d’heures supplémentaires définis par le décret du 12 janvier 1970, soit les taux fixés au 1a ci-dessus. » 2) Décret du 12 janvier 1970 Le décret du 12 janvier 1970 rappelle sans ambiguïté que les heures d’interrogation ne peuvent pas être rémunérées « au candidat » (même si certains établissements essaient de réduire le montant à verser aux colleurs en cas d’absence d’un ou de plusieurs étudiants, ou lorsque – par la force des choses – le groupe n’est pas constitué de trois, mais seulement de deux élèves.) Art. premier : « Les heures d’interrogation effectuées dans les classes préparatoires aux grandes écoles sont toujours décomptées à l’unité. » 3) Arrêté du 23 mars 1995 La durée et la fréquence des interrogations orales sont détaillées dans l’arrêté du 23 mars 1995 et dans ses annexes. L’article 13 dudit arrêté précise : « La durée hebdomadaire des interrogations orales effectuées dans les classes préparatoires économiques et commerciales est fixée aux annexes VIII et IX du présent arrêté. Les interrogations orales sont organisées hebdomadairement durant trente semaines en classe de première année et durant vingt-cinq semaines en classe de seconde année ou en classes préparatoires pour techniciens supérieurs. Dans les classes à faible effectif groupant moins de dix élèves, la durée des interrogations orales est réduite de moitié. » L’ fournit pour les CPGE commerciales ECS et ECE le détail des durées hebdomadaires des interrogations orales par discipline. Pour les étudiants de la voie ECT il convient de se référer à l’arrêté du 24 juillet 2007 qui a modifié l’arrêté du 23 mars 1995. B) LA JURISPRUDENCE 1) Arrêt LEROY (Conseil d’État 1934) Un autre texte fondamental, en ce qui concerne le paiement de l’heure d’interrogation dans son entier quel que soit le nombre d’étudiants présents, date de 1934. Il s’agit d’un Arrêt du Conseil d’État, repris dans ses attendus par le Tribunal administratif de Paris lors d’une affaire similaire (cf. ci-dessous). Voici le texte intégral de l’arrêt Leroy dont vous pourrez télécharger un fac-similé en cliquant sur le lien ci-dessous : (31 janv. [1934] – 28.432. Sieur Leroy. – MM. Lucius, rapp.; Rivet, c. du g.). VU LA REQUÊTE du sieur Leroy (Florentin), professeur au lycée de Rennes…, tendant à l’annulation d’une décision, en date du 13 février 1932, par laquelle le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts refuse de porter de soixante-deux heures deux tiers à soixante-trois heures le décompte des heures d’interrogations du requérant pendant le 4ème trimestre de l’année 1931 ; VU LES LOIS des 7-14 oct. 1790 et 24 mai 1872; le décret portant règlement général de la comptabilité publique du 31 mai 1862 et le décret du 23 oct. 1931 ; CONSIDÉRANT qu’aux termes de l’article 1er du Décret du 23 oct. 1931 : « les indemnités horaires ou forfaitaires afférentes aux travaux supplémentaires effectués par les fonctionnaires de l’enseignement secondaire sont fixées conformément au tableau annexé au présent décret » ; que l’art. 2 du même décret spécifie qu’aucune indemnité … pour service d’interrogations ne peut être payée que si le service donnant lieu à l’indemnité est effectivement accompli… » ; CONSIDÉRANT qu’il résulte de l’instruction et qu’il n’est d’ailleurs pas contesté que le sieur Leroy, professeur de mathématiques spéciales au Lycée de Rennes, s’est rendu au jour et à l’heure indiqués par le tableau de service dans les locaux à ce réservés, pour procéder aux interrogations dont il était chargé ; que le fait qu’un élève ne s’est point présenté pour subir l’interrogation en vue de laquelle il avait été convoqué ne saurait impliquer un manquement de l’interrogateur aux obligations de son service ; que, dès lors, et sans qu’il soit besoin de statuer sur le second moyen de la requête, le sieur Leroy est fondé à prétendre qu’en se